La République Démocratique du Congo a commémoré ce mardi à Kinshasa une journée de mémoire placée sous le thème « De Bunagana à Uvira : résistance, résilience, unité ». L'événement, organisé à l'Académie des beaux-arts, a réuni des acteurs culturels, des responsables politiques et des citoyens.
Un appel à l'unité et à la solidarité nationale
Le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, a souligné la portée politique et symbolique forte de cet événement, voulu au plus haut sommet de l'État. « Le choix de tenir cette journée de mémoire à l'Académie des beaux-arts n'est pas le fait du hasard », a-t-il déclaré, affirmant que cette commémoration dépasse le cadre d'un simple rituel.
La mémoire collective, un levier de mobilisation nationale
Selon Patrick Muyaya, cette initiative s'inscrit dans une volonté claire du Président de la République et de la Première ministre de refuser la banalisation de la guerre et de lutter contre l'indifférence face aux souffrances endurées par les populations affectées par les conflits, notamment dans l'est du pays.
Des réserves sur la faisabilité d'un dialogue national
Le ministre a exprimé de sérieuses réserves sur la faisabilité d'un dialogue national pour la paix dans le contexte sécuritaire actuel. Il a remis en question la sincérité de certains acteurs qu'il accuse de compromission avec le mal et a dénoncé des campagnes de désinformation autour des initiatives diplomatiques en cours.
Un obstacle à la paix
Patrick Muyaya a pointé du doigt des responsables politiques qui, selon lui, séjournent à Goma sous protection tout en étant impliqués dans des dynamiques contraires aux efforts de paix. « Il est difficile de laver le linge sale en famille lorsque certains acteurs alimentent la confusion et fragilisent les efforts de sortie de crise », a-t-il déclaré.
La culture et l'art, outils de transmission de la mémoire
La journée de mémoire a également mis en avant le rôle de la culture et de l'art dans la transmission de la mémoire, la guérison des traumatismes et la construction d'un avenir commun fondé sur la paix et la dignité.
Yves Sayo