Deux semaines après sa prise de fonctions, le nouveau Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en République démocratique du Congo et chef de la MONUSCO, James Swan, a lancé ce lundi 20 avril 2026 sa première mission officielle dans l’Est du pays. Pour ce premier déplacement sur le terrain, il a choisi la province du Nord-Kivu, épicentre des défis sécuritaires actuels.
L’avion transportant le haut responsable onusien s’est posé dans la matinée sur le tarmac de l’aéroport de Mavivi, à Beni, chef-lieu provisoire de la province. James Swan y a été reçu par les autorités provinciales, avant d’entamer un agenda chargé de consultations.
Ce choix de Beni comme point de départ n’est pas anodin. La ville et son territoire restent fortement marqués par l’activisme des groupes armés, en particulier les ADF, dont les incursions contre les civils sont régulières.
L’objectif principal de cette tournée de 48 heures est d’évaluer directement la situation sécuritaire qui prévaut dans l’Est et d’approfondir le dialogue avec les forces vives de la province.
Au cours de son séjour, le chef de la MONUSCO multiplie les rencontres. Sont prévus des échanges avec le gouverneur militaire, des élus provinciaux, des leaders communautaires et des organisations de la société civile. Chaque entretien vise à collecter des données de terrain actualisées et à prendre en compte les préoccupations exprimées par les populations locales.
La MONUSCO indique que ces consultations permettront de réaligner les priorités opérationnelles de la Mission, notamment sur trois volets : la protection des civils, l’appui aux FARDC dans la neutralisation des groupes armés et le soutien au rétablissement de l’autorité de l’État.
Au-delà des réunions institutionnelles à Beni-ville, James Swan a programmé une descente dans le territoire de Beni. Cette zone rurale est régulièrement le théâtre d’attaques attribuées aux miliciens des ADF, avec un lourd bilan humain et d’importants déplacements de populations.
Sur place, le Représentant spécial entend observer les dispositifs de sécurisation existants, échanger avec les unités déployées et rencontrer des communautés affectées. L’enjeu est d’identifier les gaps opérationnels et d’examiner, avec les partenaires militaires et humanitaires, les mesures concrètes à même de renforcer la réponse de la MONUSCO face à la menace asymétrique posée par les groupes armés.
En se rendant au Nord-Kivu seulement quatorze jours après sa nomination, James Swan pose un acte à forte portée symbolique. Il démontre sa volonté de placer la situation de l’Est au cœur de son agenda et d’adopter une approche de proximité, fondée sur le contact direct avec les autorités et les populations.
Cette visite intervient dans un contexte où la MONUSCO est appelée à produire des résultats tangibles en matière de stabilisation, alors que le processus de transition et de retrait progressif de la Mission fait l’objet de discussions continues entre Kinshasa et New York.
La tournée de James Swan au Nord-Kivu doit se clôturer ce mardi 21 avril 2026. Les éléments recueillis lors de ces consultations et de cette immersion terrain serviront de base aux ajustements stratégiques de la MONUSCO pour les prochains mois.
Pour les autorités provinciales et la société civile du Nord-Kivu, cette première visite est perçue comme un test. Les attentes portent sur une meilleure coordination entre la Mission onusienne et les FARDC, une réactivité accrue face aux alertes communautaires et un impact visible sur la protection des civils dans les zones les plus exposées.
Yves Sayo