L’aéroport international de Bangboka, principal point d’entrée aérienne de Kisangani, a été la cible d’une tentative d’attaque dimanche vers 18 heures. Deux drones ont été détectés et neutralisés avant d’atteindre leurs objectifs, selon les premières informations sécuritaires disponibles.
L’intervention rapide des forces de défense a permis d’éviter un bilan humain. Aucun mort ni blessé n’est à déplorer à ce stade. Les autorités locales font état uniquement de dégâts matériels mineurs sur le périmètre de l’aéroport, sans impact sur les infrastructures critiques de la piste et des installations de navigation.
Par mesure de précaution, la Régie des Voies Aériennes de la RDC, la CAA, a annoncé la suspension temporaire des vols commerciaux reliant Kisangani à Kinshasa. La mesure vise à sécuriser l’espace aérien et à permettre aux équipes techniques de procéder aux vérifications d’usage sur les installations et les trajectoires d’approche. La reprise du trafic sera conditionnée à l’évaluation de la situation par les services de sécurité et d’aviation civile.
Une enquête a été ouverte immédiatement après l’incident pour identifier l’origine des appareils, leur trajectoire et les responsables de l’opération. Les services spécialisés analysent les débris récupérés ainsi que les données radar et de surveillance disponibles. L’objectif est de déterminer si les drones étaient téléguidés à distance ou programmés pour un vol autonome, et d’établir d’éventuelles connexions avec des groupes armés actifs dans la région.
Cet événement intervient alors que la situation sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo reste fragile. La province de la Tshopo, dont Kisangani est le chef-lieu, se trouve en périphérie des zones où opèrent plusieurs groupes armés, et les autorités multiplient les mesures de vigilance autour des infrastructures stratégiques.
L’ancien vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur Peter Kazadi s’est exprimé publiquement dans la soirée. Sur son compte officiel, il a déclaré : « Le Rwanda a tenté de bombarder ce soir l’aéroport de Kisangani, et notre armée est intervenue. La situation est sous contrôle pour l’instant ».
Le gouvernement congolais n’a pas confirmé à ce stade l’attribution de l’attaque. Il a rappelé que seules les conclusions de l’enquête en cours permettront d’établir les responsabilités avec certitude.
Sur place, les services de sécurité, de protection civile et de gestion aéroportuaire ont été mobilisés pour sécuriser le site et rassurer la population. Un périmètre de sécurité a été établi autour de l’aéroport, et des patrouilles renforcées ont été déployées dans les quartiers avoisinants.
Les autorités provinciales appellent au calme et invitent la population à éviter la propagation d’informations non vérifiées. Elles soulignent que la priorité reste la protection des civils et le maintien de la continuité des services publics essentiels.
Les voyageurs dont les vols ont été annulés sont invités à se rapprocher des compagnies aériennes concernées pour les modalités de report ou de remboursement. La CAA indique qu’un point de situation sera communiqué dès que les conditions de sécurité le permettront.
Kisangani occupe une position stratégique sur le fleuve Congo et constitue un hub logistique et commercial pour le nord-est du pays. Toute perturbation de son aéroport a des répercussions directes sur l’approvisionnement, le transport des personnes et l’activité économique locale.
L’incident de ce dimanche relance la question de la sécurisation des infrastructures critiques face à l’usage croissant de drones dans les conflits régionaux. Des experts en défense notent que la menace aérienne asymétrique devient un enjeu majeur pour les forces armées congolaises, qui adaptent progressivement leurs dispositifs de détection et de contre-mesures.
Pour l’instant, le calme est revenu dans la zone de Bangboka. L’armée maintient une présence renforcée et poursuit les opérations de ratissage afin d’écarter tout risque résiduel. Les prochaines heures seront déterminantes pour la reprise du trafic aérien et pour les conclusions préliminaires de l’enquête.
Biobe Mugheni