L’ambiance était tendue ce dimanche à l’Institut Professionnel de la Gombe. Convoqués pour lancer la correction des épreuves pratiques de l’Examen d’État, des dizaines de correcteurs des options techniques ont refusé de prendre leurs copies en charge. Motif : le non-paiement de leurs primes de correction pour les éditions 2023 et 2025.
Dès les premières heures de la matinée, les enseignants correcteurs se sont rassemblés devant les portes de l’Institut Professionnel de la Gombe. Munis de leurs lettres de convocation, ils ont exprimé leur mécontentement de manière pacifique, mais ferme. Pancartes en main et slogans repris en chœur, ils ont réclamé le versement immédiat des montants qui leur sont dus.
Selon plusieurs participants, cette situation n’est pas nouvelle. « Nous avons corrigé en 2023, on nous a promis un paiement qui n’est jamais venu. Aujourd’hui, on nous rappelle encore pour 2025 sans avoir réglé l’arriéré », explique un correcteur en électricité, visiblement excédé. Pour eux, accepter de travailler dans ces conditions reviendrait à cautionner une pratique qu’ils jugent irrespectueuse de leur travail.
Le mouvement concerne spécifiquement les correcteurs affectés aux épreuves traditionnelles des filières techniques. Sont notamment touchés les enseignants des options suivantes :
- Sciences sociales
- Électricité
- Mécanique
- Nutrition
- Hôtellerie et restauration
- Agriculture
- Commercial et gestion
- Coupe et Couture
Ces disciplines requièrent une correction manuelle et technique des travaux pratiques réalisés par les finalistes. L’absence de ces correcteurs bloque donc mécaniquement le processus de correction pour des centaines de candidats dont les résultats dépendent de ces épreuves.
Interrogés sur place, les manifestants affirment ne pas être contre l’évaluation des élèves. Leur revendication porte uniquement sur la régularisation des arriérés de primes. « Nous sommes des professionnels. Nous venons faire notre travail, mais nous demandons à être traités avec la même considération que les autres acteurs de la chaîne éducative », souligne une correctrice en nutrition.
Leur démarche vise à obtenir un engagement clair des autorités compétentes avant toute reprise des activités. Plusieurs d’entre eux indiquent qu’ils resteront mobilisés tant qu’une solution concrète ne leur sera pas présentée par écrit.
Ce blocage intervient à un moment sensible du calendrier scolaire. La correction des épreuves techniques constitue une étape clé avant la centralisation des notes et la publication des résultats nationaux. Un retard prolongé pourrait impacter l’ensemble du processus et retarder l’orientation des finalistes vers l’enseignement supérieur ou l’insertion professionnelle.
Des parents d’élèves présents sur les lieux ont exprimé leur inquiétude. « Nos enfants ont terminé les épreuves depuis des semaines. Maintenant, ce sont les correcteurs qui ne veulent pas travailler. Qui va payer les conséquences ? », s’interroge une mère de famille venue s’informer.
Pour l’heure, aucune déclaration officielle n’a été faite par la direction de l’Institut Professionnel de la Gombe ni par les services provinciaux de l’EPST en charge de l’organisation des examens. Les correcteurs affirment être ouverts au dialogue, mais exigent des garanties tangibles concernant le paiement des primes de 2023 et de l’année en cours.
Ce mouvement met une nouvelle fois en lumière la question récurrente des conditions de rémunération des enseignants impliqués dans l’organisation des Examens d’État en RDC. La balle est désormais dans le camp des autorités pour éviter une paralysie plus large du processus de correction.
Yves Sayo