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Adolphe Muzito serre la vis : fin des projets sans résultats dans la loi de finances rectificative
By GéantRadio
Published on 20/05/2026 13:40
ÉCONOMIE

Les travaux techniques destinés à finaliser l’avant-projet de loi de finances rectificative pour l’exercice budgétaire 2026 se sont achevés ce lundi 18 mai au Centre financier de Kinshasa. Lancées deux jours plus tôt, le samedi 16 mai, au cabinet du vice-Premier ministre en charge du Budget, Adolphe Muzito, ces concertations ont réuni les équipes techniques autour d’un objectif clair : ajuster la trajectoire budgétaire de l’État pour mieux répondre aux urgences socio-économiques du pays.

Cette étape marque une phase décisive du processus budgétaire. Elle intervient dans un contexte où le Gouvernement cherche à renforcer l’efficacité de la dépense publique en réorientant les ressources vers des projets structurants, à même de produire des résultats concrets et visibles pour les citoyens dans un délai rapproché.

Pour cette dernière journée de travaux, les experts de quatorze ministères stratégiques ont été reçus par les cellules techniques des ministères du Budget et du Plan. L’enjeu était d’examiner en détail les priorités d’investissement portées par chaque département ministériel et de s’assurer de leur cohérence avec les objectifs macroéconomiques et sociaux définis par l’Exécutif.

Les échanges ont porté essentiellement sur la sélection et l’intégration de projets structurants. L’accent a été mis sur des initiatives capables de générer des retombées immédiates, tant sur le plan économique que social. L’idée est d’éviter la dispersion des ressources et de concentrer l’effort budgétaire sur des actions à fort effet levier, susceptibles d’améliorer rapidement les conditions de vie des populations.

Parmi les secteurs mobilisés figurent l’Agriculture, la Pêche et l’Élevage, le Développement rural, l’Entrepreneuriat et les PME, le Commerce extérieur, l’Aménagement du territoire, la Formation professionnelle, le Genre, Famille et Enfant, les Affaires foncières, les Infrastructures et Travaux publics, le Plan et la Coordination de l’aide au développement, ainsi que le Portefeuille et la Justice. Cette diversité illustre la volonté d’adopter une approche transversale, où chaque domaine contribue à la relance et à la résilience de l’économie nationale.

Au terme de ces travaux, le Gouvernement entend retenir une vingtaine de secteurs prioritaires porteurs de projets à fort impact. La démarche vise à opérer des ajustements précis dans la loi de finances initiale 2026, afin d’accroître la part des investissements productifs et sociaux dans l’enveloppe budgétaire.

Ces révisions budgétaires s’inscrivent dans une logique de pragmatisme. Il s’agit de corriger les écarts entre les prévisions initiales et la réalité du terrain, tout en tenant compte des marges de manœuvre budgétaires disponibles. L’objectif est double : soutenir la croissance inclusive et renforcer la protection des ménages les plus vulnérables face aux chocs exogènes.

L’approche adoptée privilégie la sélectivité et la redevabilité. Chaque projet retenu devra répondre à des critères d’impact mesurable, de faisabilité technique et de cohérence avec les politiques sectorielles en vigueur. Les équipes du Budget et du Plan ont insisté sur la nécessité d’aligner les propositions ministérielles avec les priorités nationales, notamment la création d’emplois, l’amélioration de l’accès aux services de base et le développement des chaînes de valeur locales.

Au-delà de l’aspect technique, ces assises traduisent une volonté politique d’ancrer le budget de l’État dans l’action concrète. En associant directement les ministères sectoriels au processus d’arbitrage, le Gouvernement cherche à réduire le décalage entre la planification centrale et la mise en œuvre sur le terrain.

La clôture des travaux au Centre financier de Kinshasa ne marque pas la fin du processus. L’avant-projet de loi de finances rectificative doit désormais suivre son parcours institutionnel avant son adoption et sa transmission au Parlement. Les prochaines semaines seront consacrées à la consolidation des données, à la vérification de la soutenabilité des ajustements proposés et à la finalisation des annexes techniques.

Pour les observateurs, cette démarche confirme l’orientation du Gouvernement vers une gestion budgétaire plus axée sur les résultats. En ciblant une vingtaine de secteurs porteurs, l’Exécutif espère maximiser l’effet multiplicateur de chaque franc investi et accélérer la transformation économique du pays à l’horizon 2026.

Yves Sayo 

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