Dans une déclaration marquant sa lecture de l’action gouvernementale actuelle, Lambert Mende Omalanga, figure politique congolaise, a dressé un bilan positif de la dynamique engagée par le pouvoir en place pour restaurer le rayonnement international de la République Démocratique du Congo. L’ancien ministre de la Communication estime que le pays retrouve progressivement l’aura et l’influence qu’il incarnait dans les années suivant l’accession au pouvoir du maréchal Mobutu Sese Seko.
Selon Lambert Mende, la RDC est engagée dans un processus de réhabilitation de son image sur la scène continentale et internationale. Il parle d’un effort conscient pour « redonner au pays son image d’or », une métaphore qui renvoie à la période où Kinshasa pesait davantage dans les équilibres diplomatiques et économiques de l’Afrique centrale.
Cette référence aux premières années du règne de Mobutu n’est pas anodine. Elle évoque une époque où la diplomatie congolaise, alors zaïroise, jouait un rôle actif dans les dossiers régionaux et entretenait des relations d’influence avec plusieurs capitales occidentales et africaines. Pour Mende, l’administration actuelle s’inscrit dans la continuité de cette ambition de retrouver une stature respectée.
Au-delà du symbolique, Lambert Mende met en avant des actes concrets, notamment dans le domaine maritime. Il souligne que le pays est en train de « reconquérir son image maritime » grâce à l’acquisition de nouveaux navires. Cette initiative tranche, selon lui, avec la gestion du régime précédent.
L’ancien porte-parole du gouvernement accuse en effet l’ère Joseph Kabila d’avoir procédé à la vente de l’essentiel de la flotte nationale. Une opération qui aurait contribué à affaiblir la souveraineté économique et logistique du pays sur ses voies fluviales et maritimes. La reconstitution d’une flotte moderne apparaît donc, dans son discours, comme un acte de souveraineté et de redressement.
Le terme « désenclavement maritime rassurant » utilisé par Lambert Mende renvoie à un enjeu central pour la RDC : réduire sa dépendance aux corridors de transit étrangers et sécuriser ses échanges commerciaux.
Avec plus de 40 km de façade maritime à Muanda et un vaste réseau fluvial, la RDC dispose d’un potentiel logistique sous-exploité. La remise en état et l’extension de la flotte nationale s’inscrivent dans une logique de reconquête de cette façade maritime. L’objectif est double : faciliter l’exportation des ressources minières et agricoles, et diminuer les coûts de transport qui pèsent sur l’économie nationale.
Cette orientation est présentée comme une conséquence directe de la vision portée par le président Félix Tshisekedi. Pour Mende, l’actuel chef de l’État incarne une rupture pragmatique avec la gestion antérieure, en plaçant la logistique et l’influence diplomatique au cœur de l’action publique.
Au-delà de l’aspect technique, la sortie de Lambert Mende a une portée politique. Elle vise à crédibiliser le bilan du régime actuel auprès d’une opinion qui reste sensible aux questions de fierté nationale et de souveraineté économique.
En rappelant le passé glorieux de la diplomatie congolaise et en le reliant aux initiatives actuelles, Mende construit un récit de continuité historique et de rupture gestionnaire. Le message est clair : la RDC n’est plus en retrait, elle reprend sa place et se dote des moyens de son ambition.
Si l’achat de navires constitue un premier pas visible, les défis restent importants. La maintenance, la formation des équipages, la gestion portuaire et la sécurisation des voies fluviales seront déterminantes pour que cette relance produise des effets durables.
De même, la restauration de l’image internationale passe par la cohérence entre le discours diplomatique, la stabilité institutionnelle et les performances économiques. Lambert Mende semble confiant sur la trajectoire en cours, qu’il qualifie de « rassurante » pour l’avenir du désenclavement du pays.
En résumé, cette déclaration traduit une lecture optimiste de l’action gouvernementale, centrée sur deux axes : le rétablissement du prestige diplomatique de la RDC et la reconquête de ses capacités maritimes, perçues comme des leviers essentiels pour son développement et son influence régionale.
Yves Sayo